Dans la série Proust et Houellebecq, une autre (brève) rencontre

Michel_Houellebecq-1_640Marcel Proust *

Je relève un autre point de rencontre entre Proust et Houellebecq, cette fois sur le poids que l’existence applique au coeur.

« L’humour ne sauve pas ; l’humour ne sert en définitive à peu près à rien. On peut envisager les événements de la vie avec humour pendant des années, parfois de très longues années, dans certains cas on peut adopter une attitude humoristique pratiquement jusqu’à la fin ; mais ne définitive la vie vous brise le cœur. »
Michel Houellebecq, Les Particules élémentaires

« Parfois, quand un grand chagrin douloureux est resté à l’état d’ébauche, une nouvelle tendresse, une nouvelle souffrance nous arrivent qui nous permettent de le finir, de l’étoffer. Pour ces grands chagrins utiles on ne peut pas encore trop se plaindre, car ils ne manquent pas, ils ne se font pas attendre bien longtemps. Tout de même il faut se dépêcher de profiter d’eux, car ils ne durent pas très longtemps : c’est qu’on se console, ou bien, quand ils sont trop forts, si le coeur n’est plus très solide, on meurt. Car le bonheur est seul salutaire au corps ; mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit. »

« Le chagrin finit par tuer. À chaque nouvelle peine trop forte, nous sentons une veine de plus qui saillit, développe sa sinuosité mortelle au long de notre tempe, sous nos yeux. Et c’est ainsi que peu à peu se font ces terribles figures ravagées du vieux Rembrandt, du vieux Beethoven, de qui tout le monde se moquait. Et ce ne serait rien que les poches sous des yeux et les rides du front s’il n’y avait la souffrance du coeur. »
Marcel Proust, Le Temps retrouvé

Publicités

À propos de isadumas

Isabelle Dumas est doctorante à L'Université de Montréal en cotutelle avec Paris 3-Sorbonne Nouvelle, chargée de cours à l'U. de Montréal, aspirante spécialiste de Proust, spécialiste des romans de Houellebecq et auteure d'un roman (Disloc), ainsi que de quelques nouvelles. Elle s'intéresse de près à la création littéraire, est curieuse, fonceuse, et engagée à faire vivre, dans la mesure de ses moyens, la littérature.
Cette entrée, publiée dans Uncategorized, est marquée , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s